28.11.2009

331.

 

 

"Il était devenu ce grand, ce beau moine sentencieux qu'on croise souvent au coin du doute, habillé pauvrement, et qui sort d'une ombre."

 

 

15.11.2009

323.

 

 

 

Rien n'est virtuel, ici, Jean-Baptiste, rien n'est réel, c'est ton pompeux miroir, l'anniversaire de tes dix ans : tu voudrais te saouler en croquant d'exécrables chocolats au kirsch – c'est l'humain dimanche qui tremble dans les foyers, qui songe aux morceaux de temps émiettés à la surface des soupes

 

 

04.10.2009

296.

 

 

"Dans le verre que je porte à mes lèvres, aucun liquide. Seulement le verre. Légèrement ébréché, pour qu'embrasser le vide suscite un quelconque élancement. Dans le verre que je porte à mes lèvres, la nostalgie d'une coupure, le souvenir de l'ivresse."

 

 

21.09.2009

289. (suite)

 

 

"Vaporisée en l'air, elle révèle les pellicules de nuit tombées sur nos épaules."

 

 

20.09.2009

288.

 

 

"Compactée dans le thorax, l'expression mange l'humain et l'animal en moi."

 

 

24.08.2009

270.

 

 

 

Revenu d'exil, il posa ses valises dans le salon et entra dans sa chambre. Il découvrit que sa chambre était blanche. Il s'assit sur le lit. Il ne savait plus que les murs de sa chambre étaient blancs. Vers dix-sept heures quinze, il se donna la mort en se jetant par la fenêtre, peut-être à cause de cet oubli ou à cause de cette couleur.

 

 

07.08.2009

262.

 

 

"Il n'y avait plus d'ombre dans les rues. Tout était égal et serein, il n'y avait plus personne. Ce que serait l'exact contraire d'une nuit noir, un jour blanc régnait. Et tout ce que j'ai vu, la lumière le concassait méthodiquement, n'en laissait rien qu'un tremblement d'air, une onde infime qui donnait la nausée."

 

 

31.07.2009

258.

 

 

 

"Aujourd'hui. Je ne crois même pas qu'écrire puisse donner des nouvelles de mes vacances, je ne crois même pas qu'écrire fasse tomber le soleil dans mon assiette, je ne crois même pas qu'écrire change l'ordre de mes doigts."

 

 

16.06.2009

229.

 

 

Parfois, l'homme sans réseaux s'écoute parler avec tant de complaisance, tant de fascination qu'il finit par se taire.

Quand il se tait, alors, nous l'écoutons.

 

 

 

26.05.2009

216.

 

 

"étendue sur le dos elle répétait avec la mort l'instant crucial du baptême mais personne autour de la flaque ne connaissait son nom. je me penchai et la serrai dans mes bras. elle se désagrégea en feuilles de trèfles qui tombèrent sans bruit, recouvrant l'eau."

 

 

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