11.11.2009
320. l'homme sans réseaux croise l'homme impassible
Il se penche au bord du parapet et tient sa tête, trop petite, par les oreilles. L'arète du toit fait une parallèle à ses épaules et la cheminée a l'air d'être son cou.
Les nuages font marcher la maison dans le jardin. Au milieu des fils de fer et des branches, elle s'arrête; on ne regarde plus en l'air.
Les toiles d'araignée se déchirent avec un bruit de soie, quand on ouvre enfin la fenêtre, et lui, dont la tête n'a pas changé, a perdu son beau royaume d'autrefois.
(Pierre Reverdy, L'homme impassible, Poèmes en prose)
Les cars de touristes s'amassent une dernière fois avant d'aller mourir en solitaire, dans une brousse inconnue de tous. Ils se vident, nous nous vidons d'un étonnement qui depuis le début nous écoeure. Apaisés, ils peuvent expirer en admirant leur cage d'acier étincelante et le creux dans le velour des sièges. Notre-Dame et Rome dégagent en silence, maintenant c'est une maison qui a pris la route, une maison malade elle aussi du lointain. Son salon mobile s'emplit comme un poumon de grains, de lumière, et d'archanges douaniers
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