23.10.2009
309. la triche
Je tournais en rond. « Il faut que je trouve un truc à faire, il faut que je trouve quelque chose à faire, il faut que je m'en sorte tout seul ». Difficilement ça finissait par venir, je déplaçais la table vers la fenêtre, je posais la chaise sur la table, je basculais la fenêtre, je montais sur la table, sur la chaise et glissais un pied dehors jusqu'à ce qu'il se pose sur le parapet de marbre. Puis je tirais mon buste et tout le corps à l'extérieur. Je soufflais un grand coup et saluais une collègue, au 112ème étage de l'immeuble d'en face, je remontais mes lunettes et je sautais dans le vide. Après quoi je remontais et ainsi cinq ou six fois dans la journée.
L'Interne m'avait grondé plusieurs fois, convoqué mes parents, évoqué le Directeur, et la grande porte ouverte. Ni chaud ni froid je continuais à me divertir, ça valait mieux que mourir, mourir d'ennui, me laisser digérer par la mâchoire, le bonheur. Je répétais des pas d'escrime aussi, quelquefois, dans le bureau d'Antine. Je n'ai pas le souvenir d'avoir une seule fois renoncé à surprendre et dévier le tour que j'avais donné moi-même à la toupie dansant là-dedans. Je trichais sur tous les fronts pour m'en sortir, et j'aimais ça sans regret.
19:00 | Lien permanent | Envoyer cette note



Les commentaires sont fermés.