15.10.2009
304. tgv
Nous avions oublié le ridicule qu'il y a à être assis dans un train pendant que la terre défile au dehors, à éparpiller notre image dans des cristaux liquides, à conjurer enfin la mort dans des simulacres et des rituels gravement régressifs pour lesquels nous émiettions le temps en paillettes infimes impossibles à croquer. Dehors, l'inactuel passage des vents, le gel des nuit, l'étoile : tout ce par quoi le chétif existant jubile à se sentir crever.
Nié, banni, honteux, le ridicule se faisait intensément présent. Nous avions faim, d'une faim absurde, sans objet, localisant au ventre notre intuition du vide.
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