26.09.2009
290. la dent creuse
La dent creuse de l’homme sans réseaux sonne mécaniquement à dix-neuf heure : voici l’heure où l’on cesse de voir clairement, l’heure où la peur sonne. L’homme sans réseaux s’absente je ne sais où. Il n’y a rien, de toute façon, ni saints ni démons, personne à railler ou pourfendre.
J’ai commencé l’opium à huit ans le matin. J’écrivais des saynètes, des parodies. A dix-neuf heure, l’effet s’estompait. Je pleurais dans mon lit de bois. Je cherchais comment rester exemplaire. Je cherchais des prises dans les apparences décousues, ce lit, ce jouet, cette médaille. Les sons de la rue volaient à travers la pièce.
Quand la nuit s’était installée, je ressentais quelque honte à regretter tout ce que je détestais. Je cessais de pleurer parce que j’étais fatigué. Je m’endormais sans avoir rien résolu.
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