02.07.2009
239. la suie
"Quand j'aurai bien brossé toute cette suie, cette suie déposée sur moi, il sera temps de sortir, prendre enfin des vacances. Par exemple, je marcherai de rue en rue, j'achèterai des fleurs. En espérant qu'il en reste. Je dormirai sur les planches, au grenier. Je calculerai combien de secondes j'ai vécu. Plus une. Plus une. Je fixerai une pensée pendant tout un après-midi. Je fixerai une couleur. Dans le sas fendu de mon crâne, j'installerai un bric-à-brac, des guirlandes pour les passants, des pièges à loup, des musiques. Un dédale, une bibliothèque, un château d'oubli. Avec rien. Avec pas un seul nom, pas un seul titre, pas un mot, rien. Seulement des machines et des escaliers. Pour évacuer la poussière. Et des esclaves, et des bêtes, et des foules d'idiots, et des restes d'homme, un cimetière, dans un coin."
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