14.05.2009

209. souvenir 13

 

 

Vers trente ans je cessai d'envisager sérieusement ma mort. Je m'étais remis à grandir et je regardais avec étonnement les maisons et les hommes changer de proportions. Les larmes conservées dans mon mouchoir s'évaporèrent. Des chiens bleus couraient sur les toits lorsque je parvenais à comparaître, déchiré, devant le matin. A présent les paroles des vieux me parvenaient avec un sens limpide, un son joyeux que je  faisais caraméliser dans mon mouchoir pour remplacer les larmes. Je me posais un tas de questions, notamment : qui voudrait  anéantir des simulacres aussi flous ? et je ne cherchais aucune réponse.

 

 

 

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