23.04.2009
194. L'homme sans réseaux croise Paolo Uccello
"Paolo Uccello est en train de se débattre au milieu d'un vaste tissu mental où il a perdu toutes les routes de son âme et jusqu'à la forme et à la suspension de sa réalité.
Quitte ta langue Paolo Uccello, quitte ta langue, ma langue, ma langue, merde, qui est-ce qui parle, où es-tu ? Outre, outre, Esprit, Esprit, feu, langues de feu, feu, feu, mange ta langue, vieux chien, mange sa langue, mange, etc. J'arrache ma langue."
(A. Artaud, L'Ombilic des Limbes)
"Processus de gentrification de l'Esprit par lequel je ne soupçonne même pas mes mains de me mentir : la douleur coule dans l'oreille, insidieuse, stratifie et forme des nappes puis brûle en dégageant cette bonne chaleur qui fait ma stupidité, cet élan de mes mains, du mensonge des mains approuvant la cueillette des fraises, la chaîne de montage et Schubert – « Peintre ! Peintre ! » hurle une nuée de mioches haineux, je recule d'un pas, plus près du vide, je cherche des témoins, je pleure maintenant, je vois de loin mon corps ployé, mes genoux à terre, mes mains jointes, mon corps grotesque implorant, et là-dessous écrasé, mon esprit qui, crevant, continue à voussoyer la foule, à roter des virgules, des points sur les i, des lettres, des regrets, des espaces : des espoirs."
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