05.04.2009
184. Interlude 9. Absolument moderne.
"Il faut que tout le monde y mette un peu du sien,
il faut planter ses choux à la lune nouvelle,
il faut rendre à César ce qui lui appartient,
péter comme trois vaches pour casser sa bretelle.
Il ne faut pas confondre amour et bagatelle,
pour s'en faire un manteau, il faut que l'ours hiberne,
pour bien servir la France, il faut brûler pucelle,
et surtout il faut être absolument moderne.
Avant que de dîner il faut laver ses mains,
il faut tenir jusqu'à l'arrivée des secours,
il faut faire confiance au héros de Verdun,
il faut bien balancer et le contre et le pour.
Il faut prier Joseph, Saint patron des labours,
pour que du grain de blé germe un champ de luzerne,
il faut hurler adieu quand trépasse le sourd,
et surtout il faut être absolument moderne.
Il faut qu'une prison n'offre pas de recoin,
il faut pour s'évader creuser sous le nombril,
rien ne sert de courir il faut partir à point.
Il faut qu'hanneton chante aux derniers jours d'avril
pour que truie contrariée redevienne fertile,
il faut frapper les gosses : c'est tout ce qu'ils comprennent,
il faut vénérer le bon Dieu dans l'imbécile,
et surtout il faut être absolument moderne.
Il faut toujours hélas en revenir aux femmes
par une nuit d'hiver rue des Vieilles Lanternes
se pendre à l'hameçon qui flotte au fond de l'âme
et surtout il faut être absolument moderne."
19:37 Publié dans Interludes | Lien permanent | Envoyer cette note



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