29.03.2009

179. L'homme sans réseaux croise Marcel

 

 

"Pour un convalescent qui se repose tout le jour dans un jardin fleuriste ou dans un verger, une odeur de fleurs et de fruits n'imprègne pas plus profondément les mille riens dont se compose son farniente que pour moi cette couleur, cet arôme que mes regards allaient chercher sur ces jeunes filles et dont la douceur finissait par s'incorporer en moi. Ainsi les raisins se sucrent-ils au soleil."

(M. Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs.)


 

"Les creux tâchent dans l'esprit. C'est surtout d'évitements – de disettes que se forment les nuages. Les souvenirs de peaux ou de voix me rendent malade. Sous la pluie on se serrerait on recueillerait du silence avec nos mains de la pluie froide comme la foule d'oubliés que l'on traîne que l'on enchaîne en suites codées cryptant notre écrasement et l'on referait  peut-être ce chemin peut-être ce bout de chemin qui passe dans nos souliers sans jamais arriver."


 

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