20.02.2009

156. l'agonie d'une femme

 

 

 

L'agonie d'une femme glisse sur les cuivres de la cuisine, se propage sous la céramique, attaque mes moindres pensées. Je la sens là qui meurt, toute proche, son sang qui bleuit, les rafales nerveuses au bout des ongles. Je sens ses proches épouvantés autour du lit qu'elle souille de mort. J'hésite à me servir ce jus de citron. En même temps, sinon un plaisir, c'est assurément une jubilation que de développer l'intuition d'un tel froid: cette femme qui meurt distend l'espace aux proportions cosmiques de ma faim et ma nullité. Elle ressemble à toutes celles que ma vie croise. Dont, à distance, j'observe maintenant le repli calme sur le rebord des fenêtres, recouvertes par les cris du courant.

 

Les commentaires sont fermés.