16.02.2009

153. vanité

 

 

 

"Tout est vanité disait le type avec un air d'importance sidérant, à quoi l'homme sans réseaux répondit non, moi je fixe pour l'éternité mon manteau sur cette patère et je sais qu'en dépit du vent de l'érosion des pluies, en dépit de l'implosion annoncée du soleil ma forme s'y est moulée tandis que j'escaladais le ravin - d'en haut la rivière étincelante éteignait par avance l'incendie, déployait dans ses vasques le lit moelleux de ma chute avec une grande femme noire aux lèvres pinçées sur des tiges de papier qui brûlaient plus fort et loin qu'aucun soleil - malgré tout je porte encore ce vêtement je tiens encore sous les ongles des grains de terre – douleur et plaisir mêlés comme une drogue généreuse, nul ne pourrait me convaincre qu'il s'agissait d'un leurre. je te regarde en face et je dis encore non, moi je fixe en face l'oeil ouvert des choses sensibles qui invite à détruire, à détruire et renflouer de sel nos pantalons vestes manteaux nos chemises tout ce coton qui nous soutient et soulève nos squelettes mous dans les rejets d'azote"

 

 

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