09.01.2009

129. dialogue 4 : le bavardage

 

-Bavard!

L'homme sans réseaux consent au reproche quotidien d'Antine, les mains dans la vaisselle.

- C'est un peu court cependant : le bavard assomme, or assommer ne suffit pas. Il m'agrée d'estourbir mais je ne saurais renoncer à ennucléer un peu, étriper si possible, violer quelquefois. Endormir, certes, c'est la fonction première du langage. Encore convient-il de fomenter d'affreux simulacres dans ce sommeil : fleurs à la baïonnnette, que la viande hachée du bavard étreigne la viande hachée du barbare, qu'elles se découpent, copulent, multiplient...

Il continua son monologue. Elle continuait à l'ignorer et songer, comme un maigre espoir, aux rangs longilignes de lavande sur l'étiquette criarde du dégraissant.


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