30.08.2008
43. l'homme sans réseaux croise l'intranquille
« - J'ai en ce moment tant d'idées fondamentales, tant de choses vraiment métaphysiques à exprimer, que soudain je me sens las, et que je décide de ne plus écrire, de ne plus penser: je laisserai la fièvre de dire m'apporter l'envie de dormir, et les yeux fermés, je caresserai doucement, comme je ferais à un chat, toutes les choses que j'aurais pu dire.
(Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité)
- (...) »
Ainsi l'idiotie s'innocente-t-elle. Ainsi vient l'apaisement.
13:36 Publié dans L'homme sans réseaux croise.... | Lien permanent | Envoyer cette note
28.08.2008
42. les joies
« Un esprit malade dans une cirrhose n'y suffit pas. Ecrire, effriter le décor à mains nues, requiert certaines attractions :
J'aime les arbres. J'aime la ville insupportable. Mars.
Je trouve chacune de mes joies superbe. Par timidité, je n'en parle pas beaucoup, mais je sais qu'elles ont le pouvoir de tuer. »
23:31 | Lien permanent | Envoyer cette note
27.08.2008
41. Interlude 3: la nuit grésille
Programme du soir à sa fenêtre:
"ooooo La nuit goutte du ciel
ooooooooooooo me pisse dessus
ooooooooooooooooooo écrit à ma place
ooooooooooooooooooo Bien peu de choses,
ooooooooooooooooooo où vais-je seul ?"
23:10 Publié dans Interludes | Lien permanent | Envoyer cette note
26.08.2008
40. souvenir 5
Je m'étais déjà coincé les doigts dans un certain nombre de portes, portières, ponts-levis. Mais ce jour-là, je connus une douleur bien plus vive : ton battement de cils faillit me couper en deux.
12:33 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Envoyer cette note
39. la légèreté
L'homme sans réseaux est frivole au-delà du raisonnable. Il marche sur l'eau.
Parfois je le chasse de ma pensée car sa légèreté m'ennuie, on y comprend rien.
J'éprouve le besoin de peser dans mes chaussures.
Couler à pic.
00:26 Publié dans Commentaires | Lien permanent | Envoyer cette note
22.08.2008
38. une vie
« J'ai marché tard, vers treize mois. De là-haut, la cuisine paraissait une jungle moins sauvage. Puis il y eut le vélo, le téléphone, les plans de villes, les cartes du monde, le train, l'avion et Google Earth.
Désormais, le monde n'est qu'une bille de plomb dans ma poche. Je le traîne partout, il ne me sert à rien, ne m'aide jamais à reconnaître les points sensibles du réel.
J'essaie de faire diversion.
Me pincer, ouvrir l'oeil, peut-être boire un verre d'eau. Stagner en surface.
(Grâce à Dieu, si je m'en tiens à l'écart qui diminue sans cesse entre ma taille et celle des mes enfants, je rapetisse) »
12:30 | Lien permanent | Envoyer cette note
21.08.2008
37. souvenir 4: à la proue
« Toute la journée nous avions suivi un vol d'étudiantes, qui piquaient au sud.
L'humeur de l'équipage oscillait entre l'inquiétude d'avoir tout perdu et l'espoir de conquérir quelque chose d'encore plus immense.
Vers vingt-trois heures, un guetteur vint nous annoncer qu'une lueur blanche virait contre le vent, sous l'horizon.
Du tréfonds de mon âme, je sus que je détenais les clés de notre fortune. Et je veillai, joyeux, à la proue. »
12:54 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Envoyer cette note
20.08.2008
36. sur sa porte
L’homme sans réseaux n’écoute pas, ne voit pas, ne pige rien.
Il absorbe, résorbe, avale, digère, barrage, compost, condense, contient, constipe, renie, rumine, recale, recèle, remblaie. Et il attend que ça flambe.
On peut lire sur la porte de son pavillon de banlieue :
« Home sweet home
(zone tribale pachtoun) »
12:51 | Lien permanent | Envoyer cette note
18.08.2008
35. il fait noir
« La lumière viendra deux mille ans après l'invention de l'éléctricité »
Dans un bistrot, l'homme sans réseaux joue aux cartes. Il fait noir. Se plaire à imaginer un prophète barbu, descendant du WorldWideWeb parmi les hommes pour les sauver.
En attendant, il faut masquer à l'ancienne mode les ondulations du refus, du bonheur, de la fuite sur les traits du visage laissé par maman,
« Je coupe ! »
et sourire : déployer l'espérance carnassière des fils.
19:21 | Lien permanent | Envoyer cette note
16.08.2008
34. autour des yeux
L'homme sans réseaux se mire dans un circuit imprimé monochrome.
« Le courant file sur votre squelette.
Il fait noir et les hésitations cumulées font de votre vie un entrelac d'émotions et de mots qui se resserre lentement autour des yeux. »
22:53 | Lien permanent | Envoyer cette note


